L’âme

Il est un devoir de croire en l’âme (ar-rouh). C’est un corps impalpable dont seul Allah sait la réalité. Allah fait que d’ordinaire la vie se poursuive dans les corps des anges, des hommes, des jinn et des animaux tant que ces corps impalpables sont réunis avec le corps. La vie s’en sépare lorsque ces corps impalpables, les âmes, s’en séparent. Les âmes ont reçu l’existence, elles ont un début, elles ne sont donc pas éternelles sans commencement. Par conséquent, si quelqu’un dit (qu’elles n’ont pas de commencement, qu’elles ne sont pas créées), il devient mécréant. Il en est de même si quelqu’un dit (que les animaux n’ont pas d’âmes), comme l’a affirmé Mouhammad Moutawalli Ach-Cha^rawiyy [1]. Or ceci est un démenti du Qour’an et une dénégation de la simple observation ; Allah ta^ala dit :

[وَإِذَا الْوُحُوشُ حُشِرَتْ] [2]

(wa ‘idha l-wouhouchou houchirat) ce qui signifie : « Lorsque les animaux seront rassemblés » et le Messager de Allah r a dit :

(( لَتُؤَدَّنَّ الْحُقُوق إِلَى أَهْلِهَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ حَتَّى يُقَادَ لِلشَّاةِ الْجَلْحَاءِ مِنَ الشَّاةِ الْقَرْنَاءِ ))

(latou’addanna l-houqouqou ‘ila ‘ahliha yawma l-qiyamah hatta youqada li ch-chati l-jalha’i mina ch-chati l-qarna) ce qui signifie : « Les droits que certains ont sur d’autres seront réparés au Jour du jugement, même la chèvre privée de corne prendra sa revanche sur celle qui l’avait encornée » [rapporté par Mouslim].

La preuve que la miséricorde de Allah concerne dans le
bas-monde aussi bien les croyants que les mécréants
et qu’elle est spécifique aux croyants dans l’au-delà

Allah ta^ala fait miséricorde aux croyants et aux mécréants dans le bas-monde, Sa miséricorde les concerne tous. Tandis que dans l’au-delà, Sa miséricorde sera réservée aux croyants.

Allah ta^ala dit :

[وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَىْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ] [3]

(wa rahmati waci^at koulla chay’in faça’aktoubouha li l-ladhina yattaqoun) ce qui signifie : « Ma miséricorde concerne toute chose. Je la réserve dans l’au-delà à ceux qui se gardent [du chirk et de la mécréance] », c’est-à-dire que dans le bas-monde, elle concerne aussi bien le musulman que le mécréant ; et Il dit :

[فَسَأَكْتُبُهَا]

(faça’aktoubouha) ce qui signifie : « Je la réserve » c’est-à-dire dans l’au-delà.

[لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ]

(li l-ladhina yattaqoun) ce qui signifie : « À ceux qui se gardent [du chirk et de la mécréance] », c’est-à-dire Je l’accorde exclusivement à ceux qui se gardent du chirk et des autres sortes de mécréance.

Allah ta^ala dit aussi :

]وَنَادَى أَصْحاَبُ النَّارِ أَصْحَابَ الْجَنَّةِ أَنْ أَفِيضُوا عَلَيْنَا مِنَ الْمَاءِ أَوْ مِمَّا رَزَقَكُمُ اللهُ قَالُوا إِنَّ اللهَ حَرَّمَهُمَا عَلَى الْكَافِرِينَ[4] [

(wa nada ‘ashabou n-nari ‘ashaba l-jannati ‘an ‘afidou ^alayna mina l-ma’i ‘aw mimma razaqakoumou l-Lah ; qalou ‘inna l-Laha harramahouma ^ala l-kafirin) ce qui signifie : « Les gens de l’enfer ont appelé les gens du paradis : déversez-nous de l’eau ou de ce que Allah vous a donné. Ils ont répondu : certes, Allah les interdit aux mécréants », c’est-à-dire que Allah interdit aux mécréants la nourriture qui est utile ainsi que l’eau qui étanche la soif dans l’au-delà et ce, parce qu’ils ont délaissé le devoir le plus éminent à l’égard de Allah, le devoir que rien ne remplace et qui est de croire en Allah et en Son messager.

Par ailleurs, Allah a rendu facile l’entrée en Islam, qui est la plus éminente des grâces de Allah, en prononçant les deux témoignages après avoir eu la connaissance de Allah et de Son messager. De même, Allah a rendu la mécréance facile [5]. Ainsi, une seule parole qui signifierait une moquerie ou une dépréciation à l’égard de Allah ou de Sa Loi fait sortir celui qui l’a dite de la foi et le fait tomber dans la mécréance qui est la pire des situations. En effet, quelqu’un qui se retrouve dans la mécréance vaut moins selon le jugement de Allah que les insectes et les bêtes sauvages, qu’il ait dit la mécréance en étant sérieux, en plaisantant ou en étant en colère.

Ceci a été amplement expliqué dans les livres de jurisprudence des écoles reconnues (madh-hab) qui ont jugé que celui qui profère des paroles de mécréance devient mécréant.

Allah ta^ala dit :

[إِنَّ شَرَّ الدَّوَابِّ عِنْدَ اللهِ الَّذِينَ كَفَرُوا فَهُمْ لاَ يُؤْمِنُونَ] [6]

(‘inna charra d-dawabbi ^inda l-Lahi l-ladhina kafarou fahoum la you’minoun) ce qui signifie : « Certes les pires êtres circulant sur terre selon le jugement de Allah sont ceux qui ont fait de la mécréance, ils n’ont certes pas la foi ».

[1] cf. son livre Al-Fatawa, Tome 1, page 218.

[2] [souratou t-Takwir / 5]

[3] [souratou l-‘A^raf / 156]

[4] [souratou l-‘A^raf / 50]

[5] C’est cela la signification du hadith rapporté par Al-Boukhariyy dans son Sahih du hadith de Abou Mouça l-‘Ach^ariyy que le Messager de Allah r a dit : (al-jannatou ‘aqrabou ‘ila ‘ahadikoum min chiraki na^lihi wa n-narou mithla dhalik) dont le sens apparent qu’il ne faut pas retenir au sens propre est (que paradis serait plus proche de l’un d’entre vous que la sangle de sa sandale et de même pour l’enfer).

[6] [souratou l-‘Anfal / 55]