jeudi février 22, 2024

le Chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy

 Le Messager de Allah a dit dans un hadith qoudsiyy, c’est-à-dire un hadith dans lequel le Prophète commence par « Allah dit », que celui qui prend pour ennemi un des saints, un des waliyy de Allah, Allah ta^ala lui fait savoir qu’il va à sa perte et que la meilleure chose par laquelle on se rapproche de l’agrément de Allah, c’est l’obligation. Ensuite, si l’esclave qui est pieux rajoute à cela pour se rapprocher de l’agrément de Allah et augmente en actes surérogatoires, Allah ta^ala le met au nombre des ‘awliya, au nombre des saints, parmi ceux que Allah ta^ala aime. S’il parvient à la sainteté, Allah ta^ala lui donne des secrets et une force qui lui est particulière dans son ouïe, sa vue, ses jambes et sa main.

Ainsi, les saints, les ‘awliya de Allah ont pour caractéristiques d’être des gens qui ont suivi la droiture par obéissance à Allah ta^ala. Ils ont donc accompli les devoirs, ils ont évité les interdits et ils ont multiplié leurs actes surérogatoires d’obéissance. Ceux-là  les saints ce sont eux que Allah ta^ala aime, que Allah ta^ala honore dans le bas-monde et dans l’au-delà. Parmi les honneurs qu’Il leur accorde dans ce bas-monde, Allah ^azza wa jall fait apparaître sur leurs mains les karamah, les prodiges. Les prodiges sont des choses extraordinaires qui apparaissent sur les mains des saints, parce qu’ils se sont astreints à la rectitude, à la droiture par obéissance à Allah leur Créateur, Celui à Qui ils appartiennent.

Allah ta^ala les appuie ainsi par Ses prodiges pour que leur foi se renforce, Il apaise leur crainte. Ainsi les prodiges se distinguent de la magie et du charlatanisme. La preuve concernant la confirmation des prodiges pour les saints, c’est ce qui est parvenu dans le Qour’an honoré, à savoir Sa parole ta^ala concernant un des saints qui vivait à l’époque de notre Maître Soulayman, que Allah l’honore davantage, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. C’était un saint qui a dit à notre maître Soulayman : « Moi, je peux te ramener son trône – le trône de Balqis, cette reine qui adorait le soleil, elle et son peuple vivant au Yémen alors que notre maître Soulayman était au Cham – avant même que tu ne clignes de l’œil. Ceci eut lieu et c’était par prodige.

Le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, dans ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy, ainsi que d’autres, a dit ce qui signifie : « Craignez donc ce qui arrive au saint pour qui Allah dévoile certaines choses parce que certes, Allah donne une force dans son regard. »

Il a été confirmé dans une chaîne de transmission sûre que ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, avait interpellé et appelé le chef de l’armée qui était à Nahawand, une région qui se trouve en Perse. Notre maître ^Oumar était sur son minbar à Médine. Entre eux deux il y avait une grande distance. Il avait interpellé son chef d’armée, c’était Sariyah Ibnou Zanin. Il lui a dit : (Ya Sariyata l-jabalou l-jabal) ce qui signifie : « Ô Sariyah, la montagne, la montagne ». Sariyah qui était très loin de ^Oumar avait entendu ce que ^Oumar lui avait dit alors que ^Oumar donnait son discours à Médine.

Ce hadith a été rapporté par Al-Bayhaqiyy, Al-Hafidh Al-Dimyatiyy lui a consacré un écrit, As-Souyoutiyy ayant jugé sûr ce hadith en étant d’accord avec lui. AtTabaraniyy a rapporté dans Al-‘Awsat d’après ‘Anas que le Prophète a dit dans un hadith que sur terre, il y a toujours quarante personnes qui ont un degré élevé et sont des saints. C’est grâce à eux que Allah nous accorde la pluie et c’est grâce à eux que Allah nous accorde la victoire. Chaque fois que l’un d’eux meurt, Allah le remplace par un autre. Le hafidh Al-Haytamiyy a dit que sa chaîne de transmission est bonne.

Croire en l’existence des saints, aux ‘awliya de Allah et à leurs prodiges fait partie de la croyance des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah.

Que l’on soit donc en garde après cela contre ceux qui renient les prodiges des saints, contre ces gens perturbateurs qui sont payés par les mouchabbihah, ceux qui assimilent Allah à Ses créatures et qui attribuent à Allah le corps, les moujassimah, ceux-là même qui renient le tawassoul, ceux qui ont assimilé Allah ta^ala à Ses créatures et qui ont interdit le tawassoul, c’est-à-dire l’invocation de Allah par le degré des prophètes, des saints et des vertueux.

Ainsi donc, la terre ne manque jamais de saints, de ‘awliya de Allah ta^ala qui sont toujours sur la vérité et à qui les contradicteurs ne peuvent pas nuire, jusqu’à ce que vienne le jour du jugement.

Parmi ces saints dont la renommée fut grande dans les horizons et dont les esclaves ont bénéficié, il y a le maître, l’honorable, le guide de l’Islam, celui qui a embrassé la main du Messager bien après sa mort, le noble descendant et l’honoré, notre maître et notre soutien, le maître ‘Ahmad Al-Kabir Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, le fils du maître, le Sultan ^Aliyy Abou l-Haçan, celui qui a été enterré à Bagdad, et dont la lignée remonte jusqu’à notre maître ^Aliyy, celui qui a fondé la Tariqah Rifa^iyyah. Il s’agit là de l’une des tourouq, l’une des voies soufies que les grands saints tels que Al-Jaylaniyy, An-Naqchabandiyy et d’autres, que Allah les agrée, ont fondées. Les tariqah, ces voies soufies comptent parmi les bonnes innovations. Même si certaines personnes qui s’en réclament en ont dévié, cela ne porte nullement atteinte au fondement des voies soufies. Toutes les voies soufies sont fondées sur ce qui est en accord avec le Qour’an et le hadith. Il n’y a dès lors aucune considération à accorder à ceux qui renient le tawassoul lorsqu’ils mettent en cause les voies soufies véridiques. Ainsi, ces gens qui renient le tawassoul, les mouchabbihah, les wahhabiyyah, lorsqu’ils blâment les soufis, ceci prouve leur ignorance parce que le soufi, pour celui qui le connaît, c’est celui qui œuvre conformément au Livre et à la Sounnah. C’est celui qui accomplit les obligations, qui évite les interdits et qui délaisse le luxe, le confort dans sa nourriture, ses vêtements et ce qui est du même ordre. C’était là la caractéristique véritable des califes bien-guidés, nos maîtres Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman et ^Aliyy.

C’est pour cela que Abou Nou^aym a composé un livre qu’il appelle Hilyatou l-‘Awliya par lequel il a voulu mettre en évidence la différence entre les soufis véridiques et les autres, tant il y a eu de gens à son époque qui portaient atteinte au soufisme et tant il y avait de gens qui prétendaient être soufis alors qu’eux-mêmes en réalité contredisaient le soufisme. Il a donc commencé son livre en évoquant les quatre califes.

Que ceux qui renient le tawassoul sachent qu’ils sont des gens qui dépassent leurs limites en jugeant ainsi les soufis, qu’eux-mêmes ont contredit l’Imam Ahmad auquel ils prétendent se référer à tort. Parce que l’Imam Ahmad disait à Abou Hamzah le Soufi : « Que disais-tu, Ô Soufi ? » c’est-à-dire qu’il l’appelait ainsi : « soufi ».

L’Imam Ahmad dans son Mousnad a dit : « Mouça Ibnou Khalaf nous a rapporté, lui qui compte parmi les ‘abdal. » Les ‘abdal sont ces quarante saints présents dans chaque époque. Lorsque l’un d’eux meurt, Allah le remplace par un autre. L’Imam Ahmad a donc reconnu dans son livre le statut de badal à cet homme.

Ces wahhabites ont également contredit leur leader qui est Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy lorsqu’il a dit dans son livre Charhou Hadithi n-Nouzoul : (Al-Jounayd sayyidou ssoufiyyah, ‘imamou l-houda) ce qui signifie : « Al-Jounayd est le maître des Soufis, un Imam de bonne guidée ». C’est donc Ibnou Taymiyah lui-même qui le dit et eux le contredisent. Qu’ils sachent donc que la réalité du soufisme est de suivre la Loi de l’Islam, d’appliquer la Loi, d’œuvrer conformément au Livre et à la Sounnah, de combattre ses passions et de combattre son âme et ses désirs.

Ainsi, Al-Jounayd Al-Baghdadiyy, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Le soufisme, c’est la purification de son action, de son comportement pour Allah ta^ala ». Notre maître Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Le soufi, c’est celui qui a appris la science de la jurisprudence et la science de la religion et qui œuvre conformément à ce qu’il a appris ».

L’Imam Abou l-Qaçim ^Abdou l-Karim Ar-Rafi^iyy, l’Imam des Chafi^iyy qui est très connu pour sa science étendue, son ascétisme et son honneur, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde, a dit dans son livre pour faire l’éloge du Chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, il a dit : « Le Chaykh, l’Imam Abou Chouja^ Ach-Chafi^iyy m’a rapporté parmi les choses qu’il m’a rapportées, il a dit : le maître Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, était un grand savant. Il était tel une montagne dans la science. C’était un savant noble et glorieux. Il était mouhaddith, traditionniste, il était faqih, spécialiste de la jurisprudence. Il était moufassir, spécialiste de l’exégèse. Il avait des chaînes de transmission nombreuses qui remontaient haut. Il avait des maîtrises, des attestations de savants de haut degré. C’était un spécialiste de la récitation. Il était hafidh, spécialiste de la mémorisation des hadith. Il était quelqu’un qui argumentait et qui avait un grand degré dans la religion. Il était facile et modeste vis à vis des musulmans et il était dur vis-à-vis des égarés. Il était facile, doux, souriant, il avait un excellent comportement, son discours était doux. Celui qui reste avec lui ne s’ennuie pas et ne quitte pas son assemblée si ce n’est pour accomplir un acte d’adoration. Il supportait le mal. Il tenait sa promesse s’il la donnait. Il faisait preuve de patience vis à vis des difficultés. Il était généreux sans exagération. Il était modeste sans humiliation. Il étouffait sa colère sans faire preuve d’animosité. C’était celui de son époque qui avait le plus de connaissance du livre de Allah et de la Sounnah, la Tradition de Son Messager. Il était celui qui œuvrait le plus conformément à cela. C’était un de ceux qui défendait la religion. Il avait hérité du comportement de son ancêtre le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam ».

Ar-Rafi^iyy avait dit également : « Notre Chaykh, le Chaykh ^Oumar nous a rapporté du Chaykh Badr Al-‘Ansariyy d’après le Chaykh, l’Imam Mansour Al-Bata‘ihiyy Ar-Rabbaniyy (c’est-à-dire qu’il s’agit là de l’oncle maternel de notre maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy), il a dit : « J’ai vu le Prophète, avant la naissance du fils de ma sœur, le maître Ahmad Ar-Rifa^iyy, quarante jours avant sa naissance dans le rêve. Il m’a dit ce qui signifie : « Ô Mansour, je t’annonce la bonne nouvelle que Allah accorde à ta sœur après quarante jours un fils qui s’appellera Ahmad Ar-Rifa^iyy. Tout comme je suis le meilleur des Prophètes, il sera le meilleur des saints [de son époque]. Il a dit ce qui signifie : « Lorsqu’il aura grandi, emmène-le chez le Chaykh, celui qui est spécialiste de la récitation Al-Wasitiyy. Il s’appelle ^Aliyy Talib Al-Wasitiyy. Donne-le lui pour qu’il l’éduque parce que cet homme a un grand degré selon le jugement de Allah. Prends soin de lui ». Son oncle maternel poursuit et dit : « L’ordre est votre ordre, Ô Messager de Allah, ^alayka ssalatou wa s-salam ». Cela eut lieu comme le Messager de Allah, l’avait cité.