jeudi février 22, 2024

L’Imam An-Nawawiyy explique le ḥadīth al-Jâriyah (ḥadīth de la femme esclave)

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Allāh le Seigneur des mondes Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, absolument rien ne ressemble à Allāh et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître Mouḥammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier Mouḥammad.

Dans son commentaire du ṣaḥīḥ Mouslim, lors de l’explication du ḥadīth Al-Jâriyah (le ḥadīth de la femme esclave) l’Imam An-Nawawiyy a dit :

ce qui signifie: « Au sujet de sa parole (c’est-à-dire la parole du Prophète), ṣalla l-Lâhou `alayhi wa sallam « ayna l-Lâh ? » Elle répondit « fi s-samâ’ » Il lui demanda : « Qui suis-je ? » Elle répondit « Tu es le Messager de Allāh ». Il dit alors : Libère-là car elle est certes croyante ».

Ce ḥadîth fait partie des ḥadîth qui traitent des attributs de Allāh. Il y a, au sujet de ces ḥadîth, deux voies principales (madh-hab) au sujet de la croyance, que nous avons déjà clarifiées de nombreuses fois dans le livre au sujet de la Foi (c’est-à-dire le chapitre de la Foi dans le recueil de ḥadīth de Mouslim) ;

Et l’une de ces voies est : y croire sans plonger dans [le détail] du sens avec la croyance que rien n’est tel que Allāh, et [la croyance] qu‘Il est exempt de ce qui advient aux créatures.

La deuxième voie, c’est l’interpréter selon ce qui est digne de Lui. Ceux qui ont choisi cette position ont dit : ici le sens était de la tester, afin de voir: est-ce qu’elle était une monothéiste, qui croit effectivement que le Seigneur, Celui qui domine toute chose, Celui qui fait ce qu’Il veut, c’est Allāh Lui seul, et qu’Il est Celui pour lequel ceux qui font des invocations se dirigent vers le ciel, de la même façon que celui qui prie se dirige vers la Ka`bah; et ce n’est pas parce qu’Il serait circonscrit dans le ciel, de même qu’Il n’est pas circonscrit dans la direction de la Ka`bah, mais il en est ainsi parce que le ciel est la Qiblah de ceux qui font des invocations, et la Ka`bah est la direction de ceux qui prient. Ou bien elle faisait partie des adorateurs d’idoles, qui adorent les statues qui se trouvent tout autour d’eux, et lorsqu’elle a dit « fi s-samā’ », il a été su qu’elle était une monothéiste, et qu’elle ne faisait pas partie des adorateurs d’idoles ; al-Qāḍī `Iyâḍ (grand savant malikite) a dit :

« قال القاضي عياض : لا خلاف بين المسلمين قاطبة فقيههم ومحدثهم ومتكلمهم ونظارهم ومقلدهم أن الظواهر الواردة بذكر الله تعالى في السماء كقوله تعالى {أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الْأَرْ‌ضَ} ونحوه ليست على ظاهرها بل متأولة عند جميعهم »

Ce qui signifie : « il n’y a pas de divergence chez la totalité des musulmans que ce soit leurs savants spécialistes de jurisprudence, des fondements de la religion de la rhétorique ou les gens du commun, que les textes du Qour’ân et du ḥadīth où il est cité Allāh fi s-samâ’ ne sont pas prises dans le sens apparent mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allāh] selon tous ».

Informations utiles :

– L’imam, le ḥāfiḍh Abou Zakariyyā Mouḥyi d-Dīn Yaḥyā Ibnou Charaf An-Nawawiyy est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (raḥimahou l-Lâh), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. Il est du madh-hab (École de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi`iyy. Son charḥ (commentaire) du ṣaḥīḥ Mouslim est incontournable.

– Ici il explique le ḥadīth connu sous le nom de ḥadīth al-Jâriyah (le ḥadīth de la femme esclave), et il dit qu’au sujet de ce genre de ḥadīth (c’est à dire les ḥadīth équivoque -moutachābih-) il y a deux méthodologies correctes:

La première : croire en ce qui est révélé dans les Textes sans rentrer dans les détails du sens, tout en exemptant Allāh de toute ressemblance et caractéristique des créatures (c’est ce qu’on appelle l’interprétation globale).

La seconde : Interpréter selon un sens digne d’être attribué à Allāh qui est valable selon la langue arabe (c’est ce qu’on appelle l’interprétation détaillée).

Ces deux voies qui sont toutes les deux correctes ont en commun de ne pas prendre le sens apparent et d’exempter Allāh de toute ressemblance avec les créatures.

– Lors de son explication, il dit très bien que ce ḥadīth ne signifie pas que Allāh est dans le ciel.

Al-Qāḍī `iyâḍ rapporte l’unanimité sur le fait que la parole Allāh fi s-samâ’ n’est pas à prendre au sens apparent

– Le Qāḍī `iyâḍ -juge- Abou l-Faḍl `Iyâḍ ibnou Moūçā ibnou `Iyâḍ al-Yaḥṣoubiyy connu sous le nom de al-Qāḍī `iyâḍ, est un grand savant Malikite. Il est né en 476 et il est décédé en 544 de l’Hégire (raḥimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans.

– Ici, il rapporte l’unanimité sur le fait que les versets du Qour’ân et les ḥadīth où il est cité « Allāh fi s-samā’ » ne doivent pas être pris selon le sens apparent, mais qu’ils doivent être interprété par ce qui est digne de Allāh.

– Le ḥadīth de la femme esclave (ḥadīth al-jâriyah) dans lequel il est dit « fi s-samâ’ » et le verset {‘a-‘amintoum man fi s-samâ’} [sôurat Al-Moulk] ne doivent donc pas être pris dans leur sens apparent selon l’unanimité.