mardi avril 16, 2024
    1. L’Immunité des Prophètes

    D’habitude, lorsque les Savants parlent des Prophètes, ils citent quelques attributs qui leur sont nécessaires comme la véracité. Ainsi, le mensonge leur est impossible, car si l’un d’eux mentait, sa crédibilité serait mise en doute ; et cela est une imperfection qui contredit le grade de la Prophétie.

    Il faut également savoir que les Prophètes sont immunisés contre la mécréance, c’est-à-dire qu’ils en sont préservés, avant et après avoir reçu la Prophétie.

    Quant à ‘Ibrâhiym, Dieu nous apprend qu’en voyant l’astre, il dit :

    هَذَا رَبِّي

    Ce qui signifie :

    « Est-ce là mon Seigneur ?! »

    (Qour’ân : sourate 6, ‘Al-An^âm / 78)

    Il s’agit d’une forme d’interrogation apparente, destinée à suggérer une réponse évidente pour dire : “Est-ce cela mon Dieu comme vous le prétendez ?” Et non qu’il ait cru que cet astre fut son Dieu et qu’il méritait l’adoration. En effet, tout est dans l’intonation.

    De ce fait, lorsque l’astre disparut, il dit : «Je n’aime pas ceux qui changent», c’est-à-dire je ne les adore pas. De cette manière, et par un raisonnement rationnel, Abraham  a voulu prouver à son peuple l’existence de Dieu et, par conséquent, que quelque chose qui change ne mérite pas d’être adoré. Mais en voyant que son peuple persistait dans sa mauvaise croyance, et qu’il ne comprenait pas ses intentions, il a répété la même chose à la vue de la lune. Puis, devant leur incompréhension et leur obstination aveugles, il a déclaré ne pas être responsable de leur fausse croyance.

    Enfin, lorsque le soleil apparut, il essaya de nouveau de les convaincre en répétant la même chose ; mais en vain. En désespoir de cause, il se déclara totalement innocent de leur égarement, étant entendu qu’il connaissait par avance la vérité selon laquelle la Divinité revenait à Dieu Seul, qui dit :

    وَلَقَدْ ءاتَيْنَا إِبْرَاهِيمَ رُشْدَهُ مِن قَبْلُ

    Ce qui signifie :

    « En effet Nous (Dieu) avions auparavant accordé à Abraham la sainte voie de la droiture. »

    (Qour’ân : sourate 21, ‘AI-‘An-Nbiyâ’ / 51)

    Il est impossible que les Prophètes commettent des grands péchés, voire même des petits péchés qui reflètent une bassesse de caractère, tel le fait de voler ne serait-ce qu’une bouchée de pain ou un grain de raisin. Par contre, il peut arriver à l’un d’entre eux de commettre les autres petits péchés qui ne reflètent pas cette bassesse. Ainsi, Dieu nous dit:

    وَعَصَى ءادَمُ رَبَّهُ فَغَوَى

    Ce qui signifie :

    « Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

    (Qour’ân : sourate 20, Tâhâ / 121)

    En effet, Allâh lui avait interdit, comme à Eve sa femme, de manger le fruit d’un arbre dans le Paradis, mais Satan les incita à la désobéissance. Ils furent donc dans l’erreur, mais s’en repentirent immédiatement.

    Ainsi, lorsque les Prophètes commettent un petit péché qui ne reflète pas une bassesse de caractère, ils s’en repentent aussitôt avant d’être imités par quelqu’un d’autre.

    Il faut aussi croire qu’il est impossible que les Prophètes cachent ou taisent quelque chose que Dieu leur a ordonné d’annoncer, car cela contredit le statut de Prophète. De même qu’il leur est impossible d’avoir une maladie qui repousse les gens normaux, car dans le cas contraire, cela constituerait un handicap pour l’appel à la Religion. Il est par conséquent mensonger de dire, comme il a été prétendu, que les vers sortaient du corps du Prophète Job (‘Ayyoûb) , et qu’il les remettait en place en disant : ” Mangez de ce que Dieu vous a donné.”

    Par contre, ils ne sont pas à l’abri de maladies, mais non dégradantes ; ils peuvent aussi s’évanouir à la suite d’une grande douleur.

     Importantes mises en garde

    On trouve dans un livre arbitrairement intitulé «Invocation de Moïse» des propos qui lui sont mensongèrement attribués, selon lesquels il aurait dit : “Ô mon Dieu ! Depuis quand as-tu la Divinité ?” Il est impossible qu’un Prophète dise une telle parole de mécréance.

    Il figure aussi dans certains écrits que le Prophète Jacob (Ya^qoûb) عليه السلام aurait combattu Dieu ; ou que le Prophète Loth عليه السلام, après avoir bu du vin, aurait eu des relations incestueuses avec ses filles. Il est impossible que ceci soit contenu dans un Livre révélé ou attribué à un Prophète.

    Il y a également le verset dans lequel Allâh dit, à propos du Prophète Joseph عليه السلام:

    وَلَقَدْ هَمَّتْ بِهِ وَهَمَّ بِهَا لَوْلا أَن رَّأَى بُرْهَانَ رَبِّهِ

    Ce qui signifie :

    « Elle l’a voulu (elle l’a désiré), et lui a voulu (la repousser énergiquement) n’eut été l’immunité que son Seigneur lui a accordée (comme à tous Ses Prophètes). »

    (Qour’ân : sourate 12, Yoûçouf / 24)

    D’autres Exégètes l’ont expliqué autrement, ce qui donne pour traduction :

    « Elle a voulu faire l’adultère avec lui, et s’il ne fut éclairé par les preuves de son Seigneur, il l’aurait repoussée violemment. »

    Cela veut dire que Zoulaykhah, la femme du grand intendant d’Egypte, voulait commettre l’adultère avec le Prophète Joseph qui, lui, avait l’intention de la repousser énergiquement. Mais Dieu lui révéla que cela constituerait une preuve aux mains de cette femme auprès de sa communauté, pour faire croire que c’est Joseph qui avait voulu la prendre de force. Ainsi au lieu de la repousser, il lui a tourné le dos en courant vers la sortie. Et voulant l’attraper, elle lui déchira la chemise par derrière.

    Dans tous les cas, ce verset ne veut pas dire que le Prophète Joseph عليه السلام a voulu forniquer avec elle. Du reste, Dieu nous relate le témoignage de cette femme qui dit :

    وَلَقَدْ رَاوَدتُّهُ عَن نَّفْسِهِ فَاسَتَعْصَمَ

    Ce qui signifie :

    « J’ai tenté de le séduire, mais il s’en défendit catégoriquement. »

    (Qour’ân : sourate 12, Yoûçouf / 32)

    De même, par un autre témoignage de cette même femme, Dieu nous apprend que :

    قَالَتِ امْرَأَةُ الْعَزِيزِ الآنَ حَصْحَصَ الْحَقُّ أَنَاْ رَاوَدتُّهُ عَن نَّفْسِهِ وَإِنَّهُ لَمِنَ الصَّادِقِينَ

    Ce qui signifie :

    « La femme du grand intendant a dit : “La vérité

    a maintenant fait jour ; moi l’ai essayé de le séduire et il est, certes, parmi les véridiques”. »

    (Qour’ân : sourate 12, Yoûçouf / 51)

    Les Prophètes sont donc préservés de tels comportements. Par conséquent, ce qui est raconté sur Abraham (‘Ibrâhîm) عليه السلام, selon quoi il aurait menti dans sa réponse à son peuple n’est pas exact ; c’est même un blasphème. En effet, le Prophète Abraham عليه السلام avait brisé les idoles que son peuple adorait, à l’exception de la plus grande qu’il avait laissée intacte ; et quand ils lui ont demandé : “Est-ce toi qui as fait ça ?” sa réponse fut : «C’est la grande idole qui l’a fait… Interrogez-les (donc) si elles peuvent parler» (Qour’ân 21 / 63). Cette formulation est un exercice de style usité dans certaines langues, notamment dans celle d’Abraham. En fait, le sens est que le Prophète Abraham, excédé par tous les honneurs, respects et glorifications que son peuple vouait à la grande idole, a voulu la rabaisser en cassant toutes les petites pour démontrer qu’elle était totalement impuissante devant son geste. Donc le fait d’imputer cet acte à la grande idole renvoie à un sens métonymique qui ne renferme pas de mensonge.

    Par conséquent, Allâh préserve Ses Prophètes dans les quatre domaines suivants :

    • La Croyance
    • L’Appel (le message)
    • La Chariy^ah (Charte, Loi, Code, etc.)
    • Le Comportement (la Conduite)

     

    1. La Croyance

    Il faut savoir que tous les Prophètes, depuis Adam jusqu’à Mouhammad , avaient la même Croyance en Dieu, l’Unique. En effet, Allâh dit :

    وَمَا أَرْسَلْنَا مِن قَبْلِكَ مِن رَّسُولٍ إِلاَّ نُوحِي إِلَيْهِ أَنَّهُ لا إِلَهَ إِلاَّ أَنَا فَاعْبُدُونِ

    Ce qui signifie :

    « Nous (Allâh) n’avons envoyé aucun Messager avant toi sans lui révéler : Il n’y a de dieu que Moi, alors adorez-Moi. »

    (Qour’ân : sourate 21, ‘AI-‘An-Nbiyâ‘ / 25)

    Ou encore :

    ءامَنَ الرَّسُولُ بِمَا أُنزِلَ إِلَيْهِ مِن رَّبِّهِ وَالْمُؤْمِنُونَ كُلٌّ ءامَنَ بِاللهِ وَمَلآئِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ لاَ نُفَرِّقُ بَيْنَ أَحَدٍ مِّن رُّسُلِهِ

    Ce qui signifie :

    « Le Messager (Mouhammad ) a cru en ce qui lui a été révélé par son Seigneur ; de même que les Croyants: tous ont cru en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres et en Ses Messagers. Ils dirent : Nous croyons à tous les Messagers de Dieu sans distinction aucune du point de vue Croyance. »

    (Qour’ân : sourate 2, ‘Al-Baqarah / 285)

    Ceci veut dire que Dieu a envoyé tous Ses Messagers avec le même message de Croyance : « l’adoration de Dieu, l’Unique, sans rien Lui associer. »

    Sachez que Dieu préserve tous Ses Prophètes de la mécréance, de tout mauvais penchant et de tout autre égarement. C’est dire que des penchants tels que ceux attribués mensongèrement à Josef et à Loth sont indignes du rang de Prophètes, donc impossibles. Ainsi, la Croyance des Prophètes reste pure et intacte leur vie durant. Et toute affirmation contraire n’est qu’ignorance blasphématoire.

     

    1. L’Appel

    La communauté de Mouhammad  reconnaît unanimement l’immunité des Prophètes contre le mensonge et autre falsification volontaire ou par négligence dans le message qu’ils ont la charge de transmettre. En effet, si les Prophètes étaient, même au niveau d’un point de détail, des menteurs ou des falsificateurs, ils perdraient toute crédibilité. De ce fait, ils ne pourraient plus faire figure d’exemple à suivre.

     

    1. La Chariy^ah (charte islamique)

     

    Là encore, c’est unanimement que notre communauté[1] affirme l’impossibilité pour les Prophètes de se tromper sur la Loi, sciemment ou inconsciemment, même par un lapsus de langue[2].

    Il est évident que les Prophètes, qui sont envoyés pour ordonner aux gens l’obéissance à Dieu, ne peuvent après cela transgresser ce même ordre, sous peine d’être de ceux dont il est dit :

    أَتَأْمُرُونَ النَّاسَ بِالْبِرِّ وَتَنسَوْنَ أَنفُسَكُمْ وَأَنتُمْ تَتْلُونَ الْكِتَابَ أَفَلاَ تَعْقِلُونَ

    Ce qui signifie :

    « Vous ordonnez aux gens obéissance et bienfaisance tout en vous oubliant vous-mêmes, alors que vous lisez le Livre. N’êtes-vous donc point sensés ! »      

    (Qour’ân : sourate 2, ‘Al-Baqarah / 44)

    Du reste, aucun Prophète n’encourt la malédiction ou le châtiment.

    1. Le Comportement, la Conduite, les Actes

     

    Tous les Prophètes ont fait montre de bon comportement, d’une conduite impeccable et d’actes irréprochables. Ainsi, s’agissant du Prophète Mouhammad , Dieu dit :

    وَإِنَّكَ لَعَلى خُلُقٍ عَظِيمٍ

    Ce qui signifie :

    « Tu es certainement doté d’une moralité sublime ! »

    (Qour’ân : sourate 68, ‘Al-Qalam / 4)

    De même ^Â’ichah, que Dieu l’agrée, dans un Hadith rapporté par l’Imam Boukhâriy, a parlé du Prophète en ces termes : « Son comportement était le Qour’ân », c’est-à-dire inspiré du Qour’ân, dans le sens qu’on doit se référer au Qour’ân, avec une bonne compréhension, pour bien connaître le comportement du Prophète. Car chaque qualité décrite dans le Qour’ân et que Dieu nous a ordonné d’avoir faisait partie de son comportement.

    Le grand rabbin de Médine d’alors, Abdou^llâh Ibnou Salâm, avant sa conversion à l’Islâm, a dit : «Lorsque Mouhammad arriva à Médine (lors de son émigration en 622), les gens affluèrent de partout et se regroupèrent autour de lui. J’étais parmi ceux qui vinrent à sa rencontre. Quand je l’ai aperçu, je l’ai bien observé et écouté et j’ai su aussitôt que ce n’était pas un affabulateur.»

    [1]   Elle est formée par tous ceux qui ont suivi et ceux qui suivent encore le Prophète dans la Croyance.

    [2]    Vouloir dire une parole et en laisser échapper involontairement une autre.