dimanche juillet 14, 2024

Les gens, par rapport à la Prédestination, sont de trois groupes :

 

  1. Les Qadarites (Qadariyah) ou Mou^tazilites

 

En tant que groupe, les Qadarites ou Mou^tazilites (Mou^tazilah) n’existent plus. Cependant, il y a encore des gens qui partagent et véhiculent leurs croyances.

 

Définition

 

 

Le grand érudit dans la science du Hadith ‘Ibnou Fourât[1], que Dieu l’agrée, rapporte que l’Imam Aboul-Haçan AI-‘Ach^ariy a dit :

 

« Le Qadarite est quelqu’un qui prétend avoir lui-même prédestiné ses actes, et non pas ‘Allâh ; ou qui prétend que c’est lui-même qui produit effectivement ses actes indépendamment de la Volonté de Dieu ».

 

A ce titre, le Prophète les a faits ressembler aux Mazdéens parce qu’ils ont attribué à l’être humain et même à l’animal la création de ses propres actes.

 

Quant aux Mazdéens, ils disent qu’il y a deux créateurs pour ce monde : l’obscurité qui crée le mal et la lumière qui crée le bien.

 

Les Mou^tazilites poussent l’absurdité jusqu’à prétendre que Dieu s’est dessaisi d’emblée de sa Puissance de créer au profit de Sa créature. Que de ce fait, Il n’intervient plus et n’agit plus sur quoi que ce soit.

 

En croyant cela, ils sont devenus des associateurs.

 

A l’appui de leur dérive blasphématoire, ils soutiennent que : « Si c’est Allâh qui crée l’acte de l’être humain dans ce cas, lorsque ce dernier fait par exemple du mal ou commet un vol, Il aurait en conséquence les attributs correspondants, c’est-à-dire II (Dieu) serait malfaiteur ou voleur. »

 

Nous leur répondons que la responsabilité de tout acte est attribuée, non pas au Créateur qui est exempt de toute imperfection, mais à celui qui a produit l’acte. Pour illustrer le propos, on pourra dire que le fabriquant

de couteaux n’est pas responsable de l’acte de ceux qui les utiliseraient pour agresser quelqu’un.

 

L’acte de l’être humain est une caractéristique qu’on lui attribue par acquisition, avec son choix et sa volonté. Tandis que l’Attribut de Dieu, c’est le Créateur.

 

Cependant, il est à remarquer que les Mou^tazilites affirment certaines vérités, comme le fait que Dieu n’a ni commencement ni fin et n’occupe aucune place ou direction. Mais cette croyance reste incomplète et entachée par de la mécréance qui ne les sauvera donc pas le jour du Jugement dernier.

 

Celui qui prétend que Dieu ne crée que le bien, on lui demande : Qui donc crée le mal ? Car d’après lui, ‘Allâh est vaincu dans son Royaume puisque de toute évidence il existe sur terre plus de mal que de bien. Or toute personne dotée d’une raison saine ne peut nier que le mal est une création de Dieu, d’autant plus que Dieu dit :

 

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ {1} مِن شَرِّ مَا خَلَقَ {2}

 

Ce qui signifie :

«Mouhammad) Dis : Je demande la protection du Seigneur de l’aube contre le mal qu’Il a créé ».

(Qour’ân : sourate 113, ‘Al-Falaq / 1-2)

 
  

 

 

Remarque

 

La personne qui, par politesse, dit que le bien vient de Dieu et le mal d’elle-même, reconnaît par là que le bien est créé par Dieu, mais que le mal qu’elle fait ou qu’elle subit découle de ses mauvais actes ou penchants.

 

En effet, l’Imam Mouslim rapporte du compagnon Abou Dhar, le Hadith Qoudouçiy où le Prophète annonce que Dieu dit :

ومن وجد خيرا فليحمد الله ومن وجد غير ذلك فلا يلومنّ إلا نفسه

 

Ce qui signifie :

« Celui qui accomplit le bien, qu’il en remercie ‘Allâh et celui qui trouve le mal, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même ».

(Rapporté par Mouslim)

 

Pourquoi dit-on de la personne qui reçoit le bien qu’elle doit remercier Allâh ? C’est parce que Dieu l’a créée et l’a comblée de Ses bienfaits ; Il lui a donné la capacité de faire du bien sans que cela soit une obligation pour Allâh.

 

En revanche, pourquoi dit-on de la personne qui subit le mal qu’elle ne doit s’en prendre qu’à elle-même ? C’est parce que Dieu, par sa Puissance, a dévoilé son penchant intérieur vers le mal ; Allâh l’a égarée parce qu’Il sait qu’elle ne sera pas parmi les Croyants.

 

D’où la règle suivante :

 

« Celui que Dieu guide, Il le comble de bienfaits et celui que Dieu égare, Il l’égaré par Sa justice ».

 

  1. Les Jabrites (Jabriyah)

 

C’était une petite secte qui a existé jadis, mais qui n’a plus de représentants.

 

Les Jabrites, à l’opposé des Qadarites, considéraient que tout étant prédestiné, l’être humain est comme une plume dans l’air, c’est-à-dire sans choix ni volonté.

 

Pour ce faire, ils prenaient pour argument le verset suivant où Allâh dit :

 

وَمَا تَشَاؤُونَ إِلاَّ أَن يَشَاء اللهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ

 

Ce qui signifie :

 

« Vous ne voudrez une chose (c’est-à-dire votre volonté ne se réalise) que si ‘Allâh le Seigneur de

 

 

l’Univers a voulu »

(Qour’ân : sourate 81, At-Takwiyr, / 29)

 

Ils interprétaient alors abusivement ce verset en affirmant que, tout étant prédestiné, l’être humain n’était donc pas responsable, car non doué d’une volonté propre.

 

Mais à ceux-là nous demandons : Si l’être humain est contraint et forcé, c’est-à-dire sans volonté, comment se fait-il qu’il y a des ordres et des interdictions, qu’il y’a le Paradis comme récompense et l’Enfer comme châtiment, qu’il existe des louanges et des blâmes ? Que disent-ils de l’affirmation suivant laquelle le Croyant mérite le Paradis et le non-Croyant l’Enfer ?

 

Pour notre part, nous leur répondons par cette Parole de Dieu :

 

فَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ {7} وَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ {8}

 

Ce qui signifie :

 

« Quiconque fait un bien à l’équivalent du poids d’un atome, le trouvera et quiconque fait un mal à l’équivalent d’un atome, le trouvera. »

(Qour’ân : sourate 99, ‘Az-Zalzalah / 7-8)

 

Cela montre clairement que Dieu a attribué l’acquisition de l’acte à l’être humain qui, de ce fait, est considéré comme responsable de cet acte.

 

Et à celui qui prétend après cela être le créateur de son acte, on lui demande de prononcer par exemple la lettre « b » en gardant la bouche grande ouverte, ou étant debout de lever en même temps ses deux pieds, sans prendre appui sur quoi que ce soit. Bien évidemment, il ne le pourra pas.

 

 

  1. Les gens du juste milieu

 

Il s’agit des gens de la droiture, c’est-à-dire les Sounnites, qui constituent l’écrasante majorité de tous ceux qui se réclament de l’Islâm. Leur croyance en la matière les situe entre les deux extrêmes que sont la position des Mou^tazilites et celle des Jabrites. En effet, s’appuyant sur le Qour’ân, les traditions prophétiques et l’unanimité des Savants, les gens de la droiture affirment que l’être humain n’est ni contraint ni totalement indépendant ; qu’il a au contraire un choix et une volonté, mais que sa volonté est sous la Volonté de Dieu, de sorte qu’il ne voudra que si Allâh veut.

 

Pour les Sounnites, seul Allâh sait ce qui doit advenir, car c’est Lui qui prédestine les choses, qu’Il les ait ordonnées ou non. Ils croient également que c’est Allâh qui crée l’acte des êtres, et cela conformément à sa Parole :

 

قُلِ اللهُ خَالِقُ كُلِّ شَىْءٍ

 

Ce qui signifie :

 

« (Ô Mouhammad) Dis : Allâh est le Créateur de toute chose. »

(Qour’ân : sourate 13, ‘Ar-Ra^d /16)

 

Ainsi la personne qui est guidée, c’est Allâh qui l’a guidée avec son choix à elle, et la personne qui est égarée, c’est Allâh qui l’a égarée avec son choix à elle. C’est pourquoi on dit de l’enfant, du fou et de la personne qui n’a pas entendu l’appel à l’Islâm qu’ils ne sont pas responsables (de leurs actes).

 

[1] C’est Mouhammad ‘Ibnou ^Abbâs ‘fils de ‘Ahmad fils de Mouhammad fils de Fourât alias ‘Aboul-Haçan originaire de Bagdad. Il naquit en l’an 319/931 et mourut en 384/994.