Le Hajj – le pèlerinage à La Mecque –

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître MouHammad Al-‘AmIn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier MouHammad.

AllAh ta3AlA dit :

{ وَلِلّهِ عَلَى النَّاسِ حِجُّ الْبَيْتِ مَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلاً }

( wa li l-LAhi 3ala n-nAci hijjou l-bayti mani staTA3a ‘ilayhi sabIlA )

ce qui signifie : « AllAh a ordonné de faire le pèlerinage à la Maison [ sacrée ] pour qui en a la capacité », [ sOUrat ‘Ali 3ImrAn / 97].

Le pèlerinage est l’une des choses les plus éminentes de l’Islam et il est obligatoire pour toute personne responsable ( moukallaf ), libre, qui en a la capacité.

Il en est de même pour la 3oumrah. Il est donc un devoir d’accomplir une fois dans sa vie et il est recommandé de les répéter plusieurs fois.

Le pèlerinage possède une faveur, celui d’être une expiation pour les grands péchés comme pour les petits péchés conformément à la parole du Prophète Salla l-LAhou 3alayhi wa sallam :

« مَنْ حَجَّ فَلَمْ يَرْفَثْ وَلَمْ يَفْسُقْ خَرَجَ مِنْ ذُنُوبِهِ كَيَوْمَ وَلَدَتْهُ أُمُّهُ »

( man Hajja falam yarfouth wa lam yafsouq kharaja min dhounOUbihi kayawma waladat-hou ‘oummouh )

ce qui signifie : « Quiconque fera le pèlerinage sans y avoir fait de rapport sexuel et sans commettre de grand péché est déchargé de ses petits péchés et redevient comme au jour ou sa mère l’a mis au monde », [ rapporté par Al-BoukhAriyy ]. Ceci à condition que son intention soit sincère pour AllAh ta3AlA, que l’argent utilisé pour effectuer son pèlerinage soit licite et qu’il se garde de tomber dans le fisq , c’est-à-dire dans tout grand péché.

Parmi les preuves des mérites du pèlerinage, c’est que celui-ci réunit différentes manières d’éduquer son âme. En effet, le pèlerinage implique une dépense d’argent, un effort sur soi-même dans la mesure ou l’on éprouve la faim et la soif, on veille longtemps, on traverse des épreuves, on se retrouve loin de chez soi, de sa famille et de ses amis.

Les piliers du pèlerinage et de la 3oumrah :

Les piliers sont les actes sans lesquels le pèlerinage et la 3oumrah ne sont pas valables. Le pèlerinage de quelqu’un qui n’observe pas l’un ou l’autre des piliers n’est donc pas valable et rien ne peut compenser un pilier que l’on n’a pas effectué : il est indispensable de l’accomplir.

Les piliers du pèlerinage -au nombre de six- sont les suivants :

1 – L’intervention d’entrer en rituel (al-‘iHrAm) : c’est-à-dire formuler dans son cœur par exemple : (nawaytou l-Hajja wa ‘aHramtou bihi li l-LAhi ta3Ala ) ce qui signifie : “J’ai l’intention d’accomplir le Hajj  et j’entre en rituel pour accomplir par recherche de l’agrément de AllAh ta3AlA “.

2 – la station à 3Arafah – même un instant – : et ce, entre le moment où le soleil quitte le zénith le neuvième jour de Dhou l-Hijjah, et l’apparition de l’aube du dixième jour c’est-à-dire du jour de al3Id ;

3 – les tours rituels autour de la Ka3bah (aT-TawAf ) : on fait sept rotations, c’est-à-dire que l’on tourne autour de la Ka3bah sept fois, en gardant la Ka3bah à sa gauche et en commençant à l’alignement de la pierre noire ; il est une condition pour les accomplir d’être purifié des deux Hadath et de couvrir sa zone de pudeur ;

4 – les trajets (as-sa3y) entre[le mont de] AS-SafA et [celui de] Al-Marwah : sept fois. Il n’est pas une condition d’être purifié pour les accomplir. On part de AS-SafA et on termine à Al-Marwah ;

5 – le rasage du crAne ou la coupe des cheveux (al-Halq ou at-taqsir ) : le rasage consiste à enlever tous les cheveux, tandis que la coupe consiste à couper au minimum trois cheveux; quant à la femme, elle coupe ses cheveux mais  ne les rase pas ;

6 – respecter l’ordre entre la plupart des piliers : l’intention d’entre en rituel vient avant toute chose; il est d’autre part une condition de pratiquer le rasage ou la coupe des cheveux et de faire les tours rituels autour de la Ka3bah après la station à 3Arafah.

Les piliers de la 3oumrah – au nombre de cinq – sont les suivants :

1 – l’intention d’entrer en rituel, c’est-à-dire l’intention d’entamer la 3oumrah, on dit par exemple dans son cœur : ( nawaytou l-3oumrata wa ‘aHramtou bihA li l-LAhi ta3AlA ) ce qui signifie : ” J’ai l’intention d’accomplir la 3oumrah et j’entre en rituel  pour l’accomplir par recherche de l’agrément de AllAh ta3AlA “.

2 – les tours rituels.

3 – les trajets entre le mont de AS-Safa et celui de Al-Marwah.

4 – le rasage ou la coupe des cheveux.

5 – l’ordre entre l’ensemble de ces piliers tel qu’il est cité.

Les devoirs du pèlerinage et de la 3oumrah :

Le devoir est un acte sans lequel le pèlerinage ou la 3oumrah restent valables mais son délaissement doit être compensé par l’égorgement d’une bête ; quelqu’un qui n’observe pas l’un ou l’autre des devoirs délibérément a commis un péché.

Parmi les devoirs du pèlerinage, il y a :

1 – l’intention d’entrer en rituel depuis le miqat – l’endroit déterminé par le Prophète, à partir duquel l’entrée en rituel doit avoir lieu – ;

2 – le lancer de cailloux à la Jamrah [bassin] de Al-3Aqabah  [avec sept cailloux] le jour de l-3Id et aux trois Jamrah [bassins] à MinA , les trois jours qui suivent l-3Id [at-tachriq].[sept dans chaque bassin pendant trois jours, ce qui fait soixante trois cailloux] ;

3 – le séjour de nuit à Mouzdalifah : c’est un endroit proche de 3ArafAt où les pèlerins ramassent les cailloux pour effectuer le lancer aux Jamrah ;

4 – le séjour de nuit à MinA : c’est un endroit situé entre La Mecque et 3ArafAt mais plus proche de La Mecque ;

5 – les tours rituels du départ ( TawAfou l-wadA3 ).

Ce qu’il est un devoir de faire en cas de manquement à un devoir :

Quelqu’un qui n’a pas observé l’un ou l’autre des devoirs du pèlerinage a le devoir d’égorger une chAh – une brebis d’un an ou qui a perdu ses dents de devant ou une chèvre de deux ans -.

S’il est dans l’incapacité d’égorger, il doit jeûner dix jours : trois pendant le pèlerinage et sept à son retour parmi les siens.

Les choses interdites à celui qui est entré en rituel de pèlerinage ou de 3oumrah :

Parmi les choses interdites à celui qui est entré en rituel, deux sont spécifiques aux hommes :

1 – se couvrir la tête.

2 – porter un vêtement qui entoure le corps grâce à une couture, au formage du feutre ou à ce qui est équivalent.

Il est interdit à la femme :

1 – de se couvrir le visage ;

2 – de porter des gants.

Il est interdit, tant aux hommes qu’aux femmes lorsqu’ils sont en rituel :

1 – de se parfumer ;

2 – de s’oindre la tête ou la barbe avec un onguent, par exemple de l’huile ou ce qui est du même genre ;

3 – d’éliminer un poil, un cheveu ou de se couper un ongle ;

4 – de contracter un mariage, c’est-à-dire de se marier;

5 – de chasser un animal terrestre sauvage autorisé à la consommation, comme la gazelle et le pigeon.

 

Règles du comportement de l’entrée en rituel

Il est recommandé pour celui qui veut rentrer en rituel de se laver auparavant, de faire un ghousl avec l’intention de faire le ghousl de l’entrée en rituel. Ceci est recommandé pour toute personne de la part de laquelle l’entrée en rituel est valable.

Ensuite, il se parfume, le mieux étant de se parfumer avec du musc mélangé avec de l’eau de rose. Ceci est valable aussi bien pour l’homme que pour la femme.

Ensuite, il accomplit deux rak3ah, pour lesquelles il met l’intention d’accomplir la Sounnah – l’acte recommandé – de l’entrée en rituel. Il récite dans ces deux rak3ah, après avoir récité la FAtiHah, (Qoul yA ‘ayyouha l-kAfirOUn) et (Qoul houwa l-LAhou ‘aHad ). Une fois qu’il a accompli cette prière il entre ensuite en rituel ; et l’entrée en rituel signifie qu’il met dans son cœur l’intention d’accomplir les actes du pèlerinage ou de la 3oumrah, ou les deux selon ce qu’il veut faire. Il est recommandé qu’il fasse la talbiyah, c’est-à-dire qu’il dise : (labbayka l-LAhoumma labbayk, labbayka lA charIka laka labbayk ‘inna l-Hamda wa n-ni3mata laka wa l-moulk, lA charIka lak), ce qui signifie : « Je réponds à Ton ordre, ô AllAh, je réponds ; je réponds à Ton ordre Tu n’as pas d’associé, je réponds à Ton ordre, certes la Louange et le Bienfait T’appartiennent ainsi que la souveraineté, Tu n’as pas d’associé ».

Les hommes disent cette évocation de la talbiyah à voix haute, et les femmes à voix basse.

L’Entrée à La Mecque et La vue de la Ka3bah Honorée

Il est recommandé de dire lorsqu’on atteint le Haram : (AllAhoumma hAdhA Haramouka wa ‘amnouka fa HarrimnI 3ala n-nAr wa ‘AminnI min 3adhAbik yawma tab3athou 3ibAdak wa j3alnI min ‘awliyA’ika wa ‘ahli TA3atik) ce qui signifie : « Ô AllAh ceci est Ton Haram et Ton lieu sûr, alors interdis-moi à l’Enfer et assure moi d’éviter Ton ChAtiment le jour où Tu ressusciteras Tes esclaves et mets-moi au nombre de Tes Saints et des gens qui T’obéissent ». Il essaie d’avoir présent dans son cœur la crainte et l’humiliation, dans son cœur comme dans son corps tant que cela lui est possible.

Lorsqu’il arrive à La Mecque, il fait le ghousl à DhOU TouwA et la sounnah c’est de rentrer à La Mecque par Thaniyyat KadA’ et lorsqu’il en sort pour retourner dans son pays il sort par Thaniyyat KoudA.

Il convient lorsqu’il entre à La Mecque de prendre garde de ne pas faire du tort aux gens dans la foule et de se comporter avec douceur envers celui qui le bouscule. Il essaie d’avoir présente dans son cœur l’éminence de ce lieu dans lequel il se trouve et vers lequel il se dirige et il se prépare à excuser celui qui le bouscule.

Il convient pour celui qui est venu d’ailleurs que du Haram de n’entrer à la Mecque qu’en rituel du pèlerinage ou de 3Oumrah et il est recommandé si son regard tombe sur Al-Bayt, la Maison, de lever les bras. Il a en effet été rapporté que l’invocation du musulman lors de la vue de la Ka3bah est exaucée ; et il dit : (AllAhoumma zid hAdha l-bayta tachrIfan wa ta3DHIman wa takrIman, wa mahAbatan wa zid man charrafahou wa 3aDH-DHamahou mimman Hajjahou ‘aw ‘i3tamarah tachrIfah wa ta3DHIman wa birrA). Ensuite il ajoute : (AllAhoumma ‘anta s-SalAm wa minka s-salAm fa HayyinA RabbanA bi s-salAm) ce qui signifie : « Ô AllAh, accrois davantage cette maison en honneur, en magnificence, en considération et en respect et accrois davantage celui qui l’a honoré et magnifié parmi ceux qui y sont venus pour accomplir le pèlerinage et la 3Oumrah en honneur, en considération, en magnificence et en bienfaisance. Ô AllAh Tu est Celui Qui est Sain de toute imperfection et le salut est de ta part, fais-nous vivre notre Seigneur dans la paix ». Et il demande à AllAh autant de chose qu’il veut parmi les choses d’importance dans l’au-delà et dans ce bas monde. Et le plus important c’est la demande de pardon. Il convient qu’il évite dans cette station debout de se trouver dans un endroit où les passants ou autres pourraient subir une nuisance de sa part.

Il convient d’avoir présent dans son cœur lors de la vue de la Ka3bah ce qui lui est possible de crainte, d’humiliation et de soumission car ceci est l’habitude des vertueux et des esclaves de AllAh connaisseurs, parce que la vue de la Maison est un rappel et un désir pour venir au jugement du Seigneur de la Maison.

On raconte qu’une femme était rentrée à La Mecque et s’était mise à dire « Où est la maison de mon Seigneur ? ». On lui répondit : « Maintenant tu vas la voir ». Lorsqu’elle aperçut la maison, on lui dit : « Ceci est la maison de ton Seigneur ». Alors elle a couru vers elle, elle a collé son front au mur et ne l’a pas levé jusqu’à ce qu’elle soit morte.

Il est recommandé lors de son arrivée de ne pas passer pour louer une maison, poser des affaires ou changer ses vêtements ni tout autre chose avant de faire les tours rituels (aT-TawAf).

Ainsi, certains de ses compagnons pourront se tenir auprès de ses bagages et ses montures pour qu’il puisse accomplir les tours rituels après quoi il pourra revenir auprès de ses montures et ses bagages et louer par la suite une maison.

 Entrer par la porte de BanOU Chaybah est recommandé pour toute personne qui arrive de n’importe quelle direction sans divergence. Il fait précéder son pied droit lorsqu’il entre et dit : (‘a3OUdhou bi l-LAh l-3aDHIm wa bi wajhihi l-karIm wa soulTAnihi l-QadIm mina ch-chayTAni r-rajIm bismi l-LAhi wa l-Hamdou li l-LAh ; AllAhoumma Salli 3alA MouHammad wa 3alA ‘Ali MouHammad wa sallim ; AllAhoumma ghfir lI dhounOUbI wa ftaH lI ‘abwAba raHmatik ) ce qui signifie : « Je demande la préservation par AllAh le Vénéré et par Son Etre honoré et Sa souveraineté éternelle contre le chayTAn maudit. Par le nom de AllAh la louange est à AllAh, ô AllAh honore et élève davantage le degré de MouHammad ainsi que le degré de la famille de MouHammad et préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Ô AllAh pardonne-moi mes péchés et ouvre-moi les portes de Ta miséricorde ». Et lorsqu’il sort il fait devancer son pied gauche et fait la même invocation sauf qu’au lieu de dire (‘iftaH lI ‘abwAba raHmatik), il dit : (‘iftaH lI ‘abwAba faDlik) ce qui signifie : « Ouvre-moi les portes de Ta grAce » et cette invocation est recommandée dans toute mosquée.