lundi avril 15, 2024

LES PILIERS DE LA PRIÈRE

La prière comporte des piliers, c’est-à-dire des actes obligatoires, et des actes recommandés (sounnah). Les piliers sont les actes de la prière indispensables à la validité de la prière. Quant aux actes surérogatoires, ce sont les actes pour lesquels il y a davantage de récompenses à les accomplir, mais les délaisser n’annule pas la prière. Nous, nous les accomplissons pour suivre l’exemple du Messager de AllAh  (Salla l-LAhou 3alayhi wa sallam).

Les piliers de la prière :

Les piliers de la prière sont au nombre de dix-sept :

1/ L’intention : c’est un acte du cœur. Ce n’est pas un devoir de la prononcer par la langue. Ainsi, si l’on n’a pas dit par sa langue : “j’ai l’intention d’accomplir aDH-DHouhr ” ou “al-3aSr ” par exemple, mais qu’on a fait face à la qiblah, on a fait le takbIr – on a dit (AllAhou ‘akbar)- et on a eu lors du takbIr cette intention, comme par exemple : “j’ai l’intention d’accomplir l’obligation de aDH-DHouhr “, la prière est alors valable. Cependant si l’intention est présente dans le coeur avant de faire le takbIr mais n’est plus présente lors du takbIr, la prière n’est pas valable selon l’Imam Ach-ChAfi3iyy car selon lui, l’intention doit avoir lieu en même temps que le takbIr. De même, la prière n’est pas valable si on dit par la langue : “j’ai l’intention d’accomplir l’obligation de aDH-DHouhr ” et qu’on n’a pas cette intention dans le coeur lors du takbIr.

Ce qui est nécessaire pour l’intention:

* c’est d’avoir la volonté d’accomplir la prière ;

* de préciser la prière qui a une cause particulière, comme la prière de la Fête (al-3id ) ou celle de l’éclipse lunaire, ou bien la prière qui a un temps particulier comme la prière de aD-DouHA ;

*de faire l’intention d’accomplir une obligation dans le cas où il s’agit d’une prière obligatoire, c’est-à-dire que l’on fait l’intention avec le coeur d’accomplir la prière de aDH-DHouhr qui est obligatoire par exemple. Ainsi, si on fait simplement l’intention d’accomplir la prière de aDH-DHouhr, sans avoir présent dans le coeur son caractère obligatoire, la prière n’est pas valable chez certains chAfi3iyy. D’autres ont dit que la prière est valable sans elle. Il est un devoir d’avoir tout cela présent dans le coeur lors du takbIr.

 *La simultanéité de l’intention avec le takbIr n’est pas obligatoire chez l’Imam MAlik, que AllAh l’agrée. Par conséquent, si on fait l’intention pour cette prière peu avant le takbIr, la prière est valable selon lui, c’est-à-dire que si on fait l’intention avec son coeur, puis que l’on prononce la formule du takbIr de l’entrée en rituel, la prière est valable.

2/ La formule du takbIr de l’entrée en rituel : c’est dire de façon à pouvoir s’entendre soi-même obligatoirement pour l’ensemble de ses lettres : (AllAhou ‘akbar). Donc le takbIr n’est pas valable s’il ne s’entend pas dire toutes ses lettres. De même pour les autres piliers oraux, il est une condition de les prononcer de manière à pouvoir s’entendre soi-même.

Les piliers oraux sont au nombre de cinq :

  1. a) la formule du takbIr de l’entrée en rituel -dire (AllAhou ‘akbar)- lors de l’ouverture de la prière.
  2. b) la récitation de la FAtiHah
  3. c) le dernier tachahhoud.
  4. d) l’invocation en faveur du Prophète, Salla l-LAhou 3alayhi wa sallam, lors de la dernière position assise.
  5. e) le salAm qui est le dernier pilier de la prière et consiste à dire (as-salAmou 3alaykoum).

Remarques relatives à la formulation du takbIr de l’entrée en rituel qu’il convient de connaItre :

1) il est une condition de ne pas prolonger la syllabe (ba’) du mot (‘akbar) de manière à ce que le terme devienne (‘akbAr). Ceci annule la prière, c’est-à-dire que la prière n’est pas engagée par ce mot-là. Ceci est par ailleurs interdit car (‘akbAr) dans la langue arabe est le pluriel du mot (kabar) qui signifie “grand tambour”. Si celui qui l’a dit ignorait la signification de ce mot, la prière n’est pas valable. S’il en connaissait la signification et l’a dit délibérément, il est devenu mécréant, que AllAh nous en préserve. Alors, que l’on y prenne garde lors de l’appel à la prière (al-‘adhAn) également. Certains chAfi3iyy et mAlikiyy ont mentionné dans un texte que c’est de la mécréance dans le cas où il y a connaissance de la signification et prononciation délibéré.

2) il est une condition de ne pas prolonger la première lettre (a) du mot (AllAh). Par conséquent, si quelqu’un dit : (‘AllAhou ‘akbar), sa prière n’est pas engagée et c’est interdit car cela signifie l’interrogation. C’est comme s’il avait dit : “est-ce que AllAh sait plus que tout autre ou pas ou est-ce que AllAh est plus puissant que tout autre ou pas ? “

3) il est une condition de ne pas ajouter de (wa) avant le mot (AllAh). De sorte que si l’on dit : (wallAhou ‘akbar), la prière n’est pas valable. De même, si on ajoute un (wa) entre le mot (AllAh) et le mot (‘akbar), en disant (AllAhou wa ‘akbar), la prière n’est pas valable non plus. De même, si on change le (‘a) de (‘akbar) par un (wa), la prière n’est pas valable, comme en disant : (AllAhou wakbar).

Information Utile : si le ma’mOUm -celui qui prie dirigé- a été sujet aux mauvaises suggestions venant à son esprit à propos de la formulation du takbIr de l’entrée en rituel au point qu’il cause une gêne pour les autres ma’mOUm, c’est interdit. Il en est de même pour celui qui s’assoit pour parler près de quelqu’un qui accomplit la prière. De même, il lui est interdit de réciter à haute voix de sorte qu’il perturbe celui qui accomplit la prière à ses côtés.

3/ La position debout dans les prières obligatoires, pour celui qui le peut: c’est-à-dire que le fait de prier debout, dans la prière obligatoire, fait partie des piliers de la prière, même si c’est une prière que l’on fait à la suite d’un vœu (nadhr) ou si c’est une prière funéraire. Il est donc une condition pour sa validité, aussi bien pour le jeune enfant que pour l’adulte, de la faire debout. Il en est de même pour la prière répétée et c’est celle qui est répétée après avoir été accomplie correctement, suite à une deuxième assemblée. D’autre part, la condition de la position debout est réalisée en prenant appui sur ses deux pieds et en tenant sa colonne vertébrale verticale. Il n’est pas un devoir de tenir le cou vertical ; il est plutôt recommandé de pencher légèrement la tête en avant. Celui qui ne peut se tenir debout qu’à l’aide d’une canne doit en utiliser une.

Si l’on est incapable de se tenir debout par soi-même ou en se faisant aider, c’est-à-dire que cela entraIne une grande difficulté, insupportable habituellement, la prière est valable assis. Si l’on est incapable de se tenir assis, il est un devoir d’accomplir la prière obligatoire allongé sur le côté, le droit ou le gauche. Toutefois, il est préférable de se mettre prioritairement sur le côté droit. Mais, si l’on en est incapable, on se met sur le côté gauche. Si l’on n’a pas pu faire la prière sur un côté, il est un devoir de la faire couché sur le dos et de relever la tête de façon obligatoire, même un peu, pour orienter sa tête vers la qiblah. Si l’on est incapable de faire tout cela, par exemple si l’on ne peut que se tenir couché face au sol, on fait la prière dans cette position et on lève la tête si on le peut. Sinon, on fait la prière avec ses paupières, c’est-à-dire qu’on bouge ses paupières avec l’intention de faire l’inclination, puis on les bouge avec l’intention de faire la prosternation en les abaissant de façon plus marquée pour la prosternation. Si l’on est incapable de tout cela, on fait les piliers gestuels par le cœur. Quant aux piliers oraux, on les récite avec la langue. Si sa langue est immobilisée aussi, on les fait avec le cœur.

Celui qui accomplit la prière assis fait son inclination de manière à ce que sa tête soit au niveau de l’espace qui est au dessus de ses genoux. La meilleure façon est de l’avancer au niveau de l’endroit de sa prosternation. Il est recommandé, après l’entrée en rituel (taHarroum), c’est-à-dire après la formulation du takbIr de l’entrée en rituel, de mettre les mains sous la poitrine et au dessus du nombril.

4/ La récitation de la FAtiHah : selon sa parole, salla l-LAhou 3alayhi wa sallam :

«لا صلاة لمن لم يقرأ بفاتحة الكتاب »

(lA SalAta liman lam yaqra bi fAtiHati l-kitAb)

ce qui signifie : « Il n’y a pas de prière pour celui qui n’a pas récité la FAtiHah .»

Elle est de sept ‘ayah -sept versets- et la basmalah – {بِسمِ الله الرَّحمن الرَّحيم} (bismi l-LAhi r-RaHmAni r-RaHIm)- en fait partie. La récitation de la FAtiHah n’est donc pas valable sans la basmalah. Il est aussi un devoir de réciter ses quatorze lettres doublées. Si l’on délaisse ne serait-ce que l’une d’elles, la récitation de la FAtiHah n’est pas valable, comme si l’on dit : (‘iyyAka)  [sOUrat Al-FAtiHah/5] sans doubler le (yA’). Il est un devoir de réciter les ‘ayah sans interruption. Si on délaisse cette condition, en faisant par exemple un long silence pendant la récitation, il est un devoir de revenir au début de la récitation de la FAtiHah. L’interruption n’est pas préjudiciable si l’on est gagné par l’éternuement, la toux, le baillement ou ce qui est semblable, même si cela se prolonge. De même, il n’est pas nuisible que le ma’mOUm dise (‘amIn) après la récitation de son imam; la récitation de la FAtiHah n’est pas interrompue par cette parole. Il est aussi un devoir d’articuler les lettres sur leurs points de prononciation. Celui qui délaisse cette condition par manquement, comme s’il change le (dhAl) en (zay) ou le (SAd) en (sIn) ou le (tA’) en (ta’), sa récitation n’est pas valable.

5/ L’inclination (ar-roukOU3) : elle a lieu en se courbant jusqu’à ce que les paumes des mains puissent atteindre les genoux. Les paumes constituent le plat des mains, doigts non compris. Il est une condition que l’inclination soit réalisée sans beaucoup fléchir les genoux. La meilleure manière de réaliser la position de l’inclination, c’est de se tenir le dos et le cou tendus, comme une planche, en tendant les jambes et les cuisses et en prenant les genoux avec les deux paumes, en écartant les genoux d’un empan et en écartant moyennement les doigts. Ceci concerne l’homme. Quant à la femme, il lui est recommandé de rapprocher les pieds. De plus, pour que la manière d’accomplir l’inclination soit complète, on dit : (soubHAna Rabbiya l-3ADHIm) ce qui signifie : ” Il est exempt d’imperfection mon Seigneur, Lui est Qui est plus puissant et sait plus que tout autre.” trois fois.

6/ La quiétude (aT-Touma’nInah) dans ce pilier le temps de pouvoir dire (soubHAna l-LAh) : il s’agit de l’immobilisation simultanée de tous les os à leurs places en une seule fois, c’est-à-dire immobiliser les membres simultanément.

7/ Le redressement (al-i3tidAl) qui consiste à se relever en position droite après l’inclination : c’est le retour de celui qui était en inclination à la position antérieure à l’inclination, qu’il prie debout ou autrement. Ceci est réalisé en se relevant en position debout si l’on faisait la prière debout et en se remettant assis si l’on faisait la prière assis.

8/ La quiétude dans ce pilier.

9/ La prosternation (as-soujoud) par deux fois : en posant le front sur l’emplacement de sa prière, en posant aussi une partie des genoux, une partie du plat des mains et du plat des orteils et ceci conformément à sa parole, salla l-LAhou 3alayhi wa sallam :

«أُمرتُ أن أَسجُدَ عَلَى سَبْعَةِ أعظُم : الجَبْهَة و اليَدَيْنِ و الرُّكبَتَيْن و القَدَمَينِ»

(‘oumirtou an asjouda 3alA sab3ati ‘a3dhoum al-jabhatou wa l-yadayni wa r-roukbatayni wa ‘aTrAfi l-qadamayni)

ce qui signifie : «J’ai reçu l’ordre de me prosterner sur sept parties : le front, les deux mains, les deux genoux et les extrémités des pieds.»

Parmi ses conditions :

  1. a) appuyer le front de sorte qu’une cotonnade serait tassée si l’on se prosternait dessus et que les traces du tassement apparaItraient sur la main.
  2. b) abaisser la tête de sorte que la partie inférieure du corps soit plus élevée que la partie supérieure.

10/ La quiétude dans la prosternation

11/ La position assise entre les deux prosternations

12/ La quiétude dans la position assise entre les deux prosternations.

13/ La dernière position assise : pour le dernier tachahhoud et ce qui vient après le tachahhoud c’est-à-dire l’invocation en faveur du Prophète, Salla l-LAhou 3alayhi wa sallam, (aS-SalAtou 3ala n-Nabiyy) puis le salAm -le salut rituel.

14/ Le dernier tachahhoud : et il y a un minimum et une forme complète. Le minimum du tachahhoud, sans lequel la prière n’est pas valable est le suivant :

« التَّحِيَّاتُ لله سَلاَمٌ عَلَيْكَ أَيُّها النَّبِيُّ و رَحْمَةُ الله و بَرَكاتُهُ سَلاَمٌ عَلَيْنَا وَ عَلَى عِبَادِ الله الصَّالِحِينَ أَشهَدُ أَن لاَ إِلَهَ إِلاَّ الله وَ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ الله »

(at-taHiyyatou lil-LAh, salAmoun 3alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa raHmatou l-LAhi wa barakAtouh, salAmoun 3alaynA wa 3alA 3ibAdi l-LAhi S-SAliHIn, ‘ach-hadou ‘an lA ‘ilAha ‘il-la l-LAh wa ‘anna MouHammadan-raçOUlou l-LAh)

Quand au tachahhoud complet, c’est :

« التَّحِيَّاتُ المُبارَكَاتُ الصَّلَوَاتُ الطَّيِّباتُ لله السَّلاَمُ عَلَيْكَ أَيُّها النَّبِيُّ و رَحْمَةُ الله و بَرَكاتُهُ السَّلاَمُ عَلَيْنَا وَ عَلَى عِبَادِ الله الصَّالِحِينَ أَشهَدُ أَن لاَ إِلَهَ إِلاَّ الله وَ أَشْهَدُ وَ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ الله »

(at-taHiyyatou l-moubarakAtou S-SalawAtou T-Tayyibatou lil-LAh, as-salAmou 3alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa raHmatou l-LAhi wa barakAtouh, as-salAmou 3alaynA wa 3alA 3ibAdi l-LAhi S-SAliHIn, ‘ach-hadou ‘an lA ‘ilAha ‘il-la l-LAh wa ‘ach-hadou ‘anna MouHammadan-raçOUlou l-LAh)

ce qui signifie : “les salutations, les œuvres qui prospèrent dans le bien, les prières et les œuvres méritoires appartiennent à AllAh, que le salut de tout mal te soit accordé, ô Prophète, ainsi que la miséricorde de AllAh et Ses bénédictions, que le salut nous soit accordé, ainsi qu’aux esclaves de AllAh vertueux, je témoigne qu’il n’est de dieu que AllAh et je témoigne que MouHammad est le messager de AllAh “

   Avertissement : Il s’est propagé chez certaines personnes que lorsque le Prophète, salla l-LAhou 3alayhi wa sallam, est arrivé au cours de son ascension à l’endroit où il a entendu la parole de AllAh tabAraka wa ta3alA, il aurait dit : (at-taHiyyatou lil-LAh) et AllAh aurait dit : (as-salAmou 3alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa raHmatou l-LAh). Cela n’est pas vrai car cette forme du tachahhoud n’a pas été rendue obligatoire cette nuit-là. Toutefois, certains menteurs rapportent cette histoire qui a connu une grande propagation, bien qu’elle soit attribuée mensongèrement à AllAh. Il est donc un devoir de l’expliquer aux gens.

15/ L’invocation en faveur du Prophète, Salla l-LAhou 3alayhi wa sallam (aS-SalAtou 3ala n-Nabiyy) dont le minimum est :

«الَّهُمَ صَلِّ عَلَى مُحَمَّد»

(AllAhouma Salli 3alA MouHammad)

ce qui signifie : « Ô AllAh, honore et élève davantage en degré MouHammad ». La façon la plus complète est de réciter toute l’invocation ‘IbrAhImiyyah.

16/ Le salAm dont le minimum est de dire :

«السَّلاَمُ عَلَيْكُم»

(as-salAmou 3alaykoum)

Parmi ses conditions, on prononce l’article défini (as-), ainsi, il ne suffit pas de dire (salAmou 3alaykoum).

Quant au salAm complet, il est réalisé en ajoutant wa raHmatou l-LAh. D’autres ont choisi d’ajouter wa barakAtouh. Cela a été rapporter dans les Sounan de AbOU DAwOUd dans le premier salAm.

17/ L’ordre : c’est-à-dire effectuer les piliers dans l’ordre, comme ils viennent d’être cités. Si on fait exprès d’abandonner l’ordre, comme par exemple si on se prosterne avant de faire l’inclination, la prière est annulée selon l’Unanimité en raison de son manque de sérieux. Cela concerne celui qui abandonne l’ordre délibérément. Si on le fait par inattention, alors qu’on revienne au pilier omis pour l’accomplir, sauf si on se trouve dans le pilier correspondant de la rak3ah suivante ou plus avancé encore, la rak3ah du pilier omis est complétée par ce pilier et on ne prend pas en compte ce qui a été fait par inattention après le pilier omis jusqu’au pilier correspondant de la rak3ah suivante. Si quelqu’un a abandonné l’ordre par inattention puis s’est rappelé de ce qu’il a omis:

1/ soit il s’en rappelle avant d’avoir atteint le pilier correspondant de la rak3ah suivante ;

2/ soit il s’en rappelle alors qu’il a atteint le pilier correspondant de la rak3ah suivante ;

3/ soit il s’en rappelle alors qu’il a dépassé le pilier correspondant de la rak3ah suivante.

Le détail à propos de ces jugements est le suivant :

1/ Si on s’en rappelle avant d’avoir atteint le pilier correspondant au pilier omis, ce qu’on aura fait après le pilier omis ne sera pas pris en compte parce que cela n’a pas été fait à sa place. De sorte qu’on doit revenir immédiatement au pilier omis pour conserver l’ordre. Par exemple dans le cas où on était dans la première rak3ah, on a oublié l’inclination et on s’est prosterné directement après avoir fini la récitation de la FAtiHah, puis on s’est rappelé dans la prosternation qu’on a délaissé l’inclination, on se relève alors immédiatement et obligatoirement en position debout. Il n’est pas suffisant de se relever en position d’inclination. Puis, on accomplit l’inclination et on poursuit la prière.

2/ Si on s’en rappelle alors qu’on a déjà atteint le pilier correspondant au pilier omis dans la rak3ah suivante, ce qu’on est en train de faire complète la rak3ah et on ne prend pas en compte ce qui a été fait entre le pilier omis et ce qu’on est en train de faire. Par exemple, dans le cas où on a oublié l’inclination de la première rak3ah, puis on s’en est rappelé dans l’inclination de la deuxième rak3ah, on reste dans cette inclination considérant que c’est la première rak3ah et on poursuit la prière.

3/ Si on s’en rappelle alors qu’on a dépassé le pilier correspondant au pilier omis, la rak3ah a été complétée par ce qu’on vient de faire et on ne prend pas en compte ce qui a été fait entre les deux. Par exemple, dans le cas où on a oublié l’inclination de la première rak3ah, puis on s’est rappelé dans la prosternation de la troisième qu’on avait oublié l’inclination de la première rak3ah, on reste dans cette prosternation et on poursuit la prière, en considérant que cette rak3ah est la deuxième, car ce qui a été fait après le pilier omis jusqu’au pilier correspondant suivant n’est pas pris en compte. Par conséquent, ce qui a été fait entre l’inclination omise de la première rak3ah et l’inclination de la deuxième n’est pas pris en compte.

Ce jugement concerne celui qui n’est pas ma’mOUm ; le ma’mOUm accomplit une rak3ah après le salAm de son imam.

Remarque importante : le fait de douter dans cette question est considéré comme le fait de se rappeler. De sorte que si on s’incline puis on doute d’avoir récité la FAtiHah ou pas, ou bien si on se prosterne puis on doute de s’être incliné et remis debout ou pas, on doit immédiatement se relever en position debout et il n’est pas suffisant de se relever en position d’inclination. Quant à celui qui est encore debout et doute d’avoir récité la FAtiHah ou non dans cette même rak3ah, il ne lui est pas un devoir de la réciter immédiatement car il n’a pas encore quitté la position propre à cette récitation.

Remarque pour l’explication des termes de la prière :

(AllAhou ‘akbar) : signifie AllAh est plus puissant et sait plus que tout autre et non pas qu’Il est plus grand par les dimensions car AllAh est exempt des dimensions. Il est valable de l’expliquer par l’expression (kabIr) car la parole (AllAhou ‘akbar) est synonyme de (AllAhou kabIr).

(soubHAna l-LAh) : signifie que AllAh est exempt de toute imperfection et de tout défaut, tels que l’incapacité, la faiblesse, l’ignorance, la peur, le changement, la position assise, l’établissement et ce qui est de cet ordre des caractéristiques des humains.

(soubHAna Rabbiya l-A3lA) : cela signifie : j’exempte de tout imperfection mon Seigneur Qui est plus élevé en degré que tous ceux qui ont un degré, d’une élévation en degré et non pas d’une élévation par la localisation, l’endroit et la distance.