1. Remarque importante

    Le jugement de celui qui commet une de ces sortes de mécréance est que ses bonnes œuvres ainsi que ses bonnes actions sont toutes annulées. Il ne lui sera pas compté l’équivalent du poids d’une poussière de bonne action qu’il aurait accomplie auparavant, comme une aumône, un hajj, un jeûne, une prière ou autre. Ce qui lui sera compté, ce sont les nouvelles bonnes œuvres qu’il accomplira après avoir renouvelé sa foi. Allah ta^ala dit :

    [وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ] [1]

    (wa man yakfour bi l-‘imani faqad habita ^amalouh) ce qui signifie : « Celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulées ».

    S’il dit (‘astaghfirou l-Lah) –je demande le pardon à Allah– avant d’avoir renouvelé sa foi en disant « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le messager de Alla» ; donc en étant toujours dans son état de mécréance, dire (‘astaghfirou l-Lah) ne lui ajoute que péché et mécréance. Il contredit ainsi la parole de Allah ta^ala :

    [إِنَّ الذِينَ كَفَرُوا وصَدُّوا عَن سَبِيلِ اللهِ ثُمَّ ماتُوا وهُمْ كفّارٌ فلَنْ يغفِرَ اللهُ لَهُم] [2]

    (‘inna l-ladhina kafarou wa saddou ^an sabili l-Lahi thoumma matou wa houm kouffaroun falan yaghfira l-Lahou lahoum) qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en Islam, puis sont morts en étant mécréants, ceux-là Allah ne leur pardonne pas » et Sa parole ta^ala :

    ]إنَّ الذِينَ كَفَرُوا وظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللهُ لِيَغْفِرَ لَهُم ولا لِيَهْدِيَهُم طَرِيقًا إِلاّ طَرِيقَ جَهَنَّمَ خالِدِينَ فيها أَبَدًا[3] [

    (‘inna l-ladhina kafarou wa dhalamou lam yakouni l-Lahou liyaghfira lahoum wa la liyahdiyahoum tariqan ‘il-la tariqa jahannama khalidina fiha ‘abada) qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et fait preuve d’injustice, Allah ne leur pardonne pas et ne les mènera que dans la géhenne où ils resteront éternellement, à jamais ».

    Ibnou Hibban a rapporté de ^Imran Ibn Al-Housayn : un homme est venu auprès du Messager de Allah et lui a dit : « Ô Mouhammad, ^Abd Al-Mouttalib est meilleur que toi pour son peuple. Il leur donnait à manger du foie et de la graisse de bosse de chameaux alors que toi tu les envoies se faire tuer ». Le Prophète lui répliqua alors conformément à la volonté de Allah et lorsque cet homme voulut s’en aller, il dit : “Que puis-je dire ?”. Il lui répondit :

    (( قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي ))

    (Qouli l-Lahoumma qini charra nafsi wa^zim li ^ala ‘archadi ‘amri) ce qui signifie : « Dis : Ô Allah, préserve-moi du mal de mon âme et guide-moi vers ce qui est le mieux pour moi ». L’homme s’en alla, il n’était pas encore musulman à ce moment-là. Par la suite, il dit au Messager de Allah : « J’étais venu auprès de toi, je t’avais demandé de m’enseigner et tu m’avais dit : « Qoul –dis– Allahoumma qini charra nafsi wa^zim li ^ala ‘archadi ‘amri », alors que vais-je dire maintenant que je suis entré en Islam ? » Il lui dit :

    )) قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا جَهلْتُ ((

    (Qouli l-Lahoumma qini charra nafsi wa^zim li ^ala ‘archadi ‘amri ; Allahoum­ma ghfir li ma ‘asrartou wa ma ‘a^lantou wa ma ^amadtou wa ma ‘akhta’tou wa ma jahilt) ce qui signifie : « Dis : Ô Allah, préserve-moi du mal de mon âme et guide-moi vers ce qui est le mieux pour moi ; ô Allah, pardonne-moi ce que j’ai fait en secret et ce que j’ai fait au grand jour, ce que j’ai fait par erreur ce et que j’ai fait exprès et ce dont je n’ai pas eu connaissance ».

    D’autre part, il y a parmi les jugements concernant l’apostat, l’annulation du contrat de mariage religieux qui existe entre sa femme et lui. La relation entre eux après sa sortie de l’Islam est une relation qui n’a pas de validité religieuse. Le rapport qu’il aura avec elle sera de la fornication. Il n’y a pas de différence en cela si c’est le mari qui sort de l’Islam ou bien l’épouse.

    [1] [sourat Al-Ma‘idah / 5]

    [2] [sourat Mouhammad / 34]

    [3] [sourat An-Niça/ 168-169]